Châtillon-sur-Chalaronne
Châtillon-sur-Chalaronne est une commune française située dans le département de l'Ain, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. La commune est chef-lieu du canton de Châtillon-sur-Chalaronne, qui regroupe 26 communes ; elle est membre de la communauté de communes de la Dombes dont elle est le siège.
Ses habitants s'appellent les Châtillonnais et les Châtillonnaises[
Châtillon-sur-Chalaronne se situe dans la région de la Dombes, à l'ouest du département de l'Ain.
Par orthodromie, elle se situe à 23 km à l'est de Mâcon à autant de kilomètres à l'ouest de Bourg-en-Bresse et aussi à 23 km de Villefranche-sur-Saône. De plus, elle est localisée à 41 km au nord de Lyon et à 362 km au sud de Paris
Le Monument aux Morts
Oeuvre du sculpteur châtillonnais Jean Tarrit, le monument aux morts domine la place du Champ de Foire. Il a également réalisé deux sculptures en plâtre situées dans l’escalier de la mairie, un homme et une femme.
L’Hôtel de Ville
Ancien couvent des Capucins
Seule la statuette en bois de Seigneurie, rappelle qu’un couvent de Moines Capucins s’élèverait en ces lieux année 1633. Les moines y dirigeaient un collège. Ils acquirent par leur dévouement lors de l’incendie de 1670 qui détruisit la ville, une grande popularité. Après la révolution, la Chapelle servit de Mairie.
La Mairie surnommée « le pot de moutarde » autant pour sa forme que pour sa couleur, fût démolie en 1913.
L’Hôtel de Ville actuel fût construit de 1913 jusqu’en 1923, on peut toujours admirer l’escalier remarquable.
Maison de Commerson.
Philibert Commerson
Il n’est pas donné à beaucoup de modestes bourgades de pouvoir compter parmi ses enfants un scientifique digne des plus grands éloges. Philibert Commerson né à Châtillon en 1727, aîné d’une famille de 14 enfants, était le fils d’un notaire et conseiller du prince de Dombes. Son père voulait qu’il fasse carrière dans le monde médical ou la magistrature. Mais « tel n’est pas l’avis de ce grand garçon qui, à son retour du collège des jésuites de Bourg où il a fait preuve d’excellentes dispositions pour les sciences naturelles » se passionne pour la botanique. Philibert consent tout de même à s’inscrire à la célèbre faculté de médecine de Montpellier dont il sort avec le titre de docteur. Mais sa principale préoccupation est d’herboriser. Il visite dans ce but le Bugey, le Dauphiné, la Savoie et la Suisse. Tout en exerçant la médecine à Châtillon de 1756 à 1760, il poursuit ses recherches en Charolais où rencontre l’âme sœur à Toulon-sur-Arroux, une fille de notaire ! Cette union est vite brisée car son épouse décède en accouchant d’un fils. C’en est fini du pays de son enfance qu’il prend en grippe. Il gagne Paris en compagnie de sa gouvernante Jeanne Baret.
Il a déjà acquis une certaine célébrité et noué des contacts avec tous les grands noms de la botanique. Ce qui lui vaudra de voir agréée par le duc de Praslin, ministre de la marine, sa demande de participer à l’expédition de Bougainville dans les Terres australes. Il ne reviendra jamais au pays car son périple se terminera par son décès en 1773, à l’âge de 46 ans, dans l’île de France (l’actuelle île Maurice). En revanche Jeanne Baret, qui n’avait été autorisée à participer à l’expédition que déguisée en garçon, reviendra en France nanti d’un époux ! Elle est considérée comme la première femme à avoir bouclé le tour du monde. Le souvenir de Commerson est entretenu dans sa ville natale. Une rue et le groupe scolaire portent son nom. Une place importance est accordée à l’hortensia dans le fleurissement de la ville. C’est en effet lui qui a baptisé de ce nom cette fleur d’origine chinoise en hommage au gouverneur de l’île Maurice dont la fille se prénommait Hortens
L'église Saint André
L’existence d’une première église dans le petit hameau de Buenans est attestée en 984. Elle dépendait de l’église métropolitaine de Lyon. La fiction devait persister jusqu’au XVe siècle d’une filiation avec elle lorsque le lieu principal du culte s’est déplacé de 1500 mètres vers le nord au château de Châtillon à la suite de l’acte de donation de la seigneurie à Guichard, sire de Beaujeu en 1101. Il y allait de la sécurité des paroissiens. La chapelle du château est mentionnée vers 1100[39]. Le choix de l’emplacement actuel de l’église Saint André est contemporain de la fondation de la ville neuve, protégée par son enceinte, à partir de 1273.
Les matériaux de construction durent être convoyés sur le site. La brique rouge - le fameux carron savoyard - provenait des carronnières de Châtillon même et d’IIliat. Quant à la pierre de taille utilisée pour les divers encadrements, les croisées d’ogive, les arcs-boutants elle était charroyée directement depuis le Revermont, ou, pour celle de Tournus, après transport fluvial sur la Saône jusqu’aux ports de By (commune de Grièges) et d’Arciat (commune de Cormoranche).
Avec une longueur de 45 mètres et une largeur moyenne de 13,5 mètres l’église Saint André reste de dimensions modestes malgré de nombreux agrandissements. Ceux-ci se sont étalés dans le temps pour des raisons de financement car le recours à la corvée était exceptionnel. Entre 1431 et 1452 la nef fut élargie et la façade fut reculée de 15 mètres jusqu’à son emplacement actuel. Le toit fut refait avec des tuiles à crochet. De 1464 à 1476, le même type de travaux fut entrepris du côté du chœur. Mais c’est entre 1487 et 1500 qu’ont été opérés les changements les plus spectaculaires grâce à la générosité d’un riche marchand de toile, Guillaume Peyrala dit Rectori. La nef et le chœur doté de son abside polygonale furent voûtés avec croisées d'ogive. À partir de 1488 fut édifié un grand clocher haut de 30 mètres et agrémenté de 104 colonnettes. Il sera arasé pendant la Révolution. Quant aux 13 chapelles latérales, elles furent aménagées à diverses époques à l’initiative des corporations dont celle particulièrement riche des escoffiers.
L’histoire compliquée du clocher est révélatrice de ces ajustements successifs. La tour de l’horloge visible de l'extérieur depuis la halle était accolée à l’église dès le treizième siècle. Sa partie inférieure y reste incorporée et tranche étrangement avec ses carrons rouges sur l’ensemble de la nef. Sa démolition fut compensée par la construction du grand clocher-beffroi à la fin du XVe siècle, détruit sous la Révolution. « Il n’en reste plus aujourd’hui, à l’intérieur, que de puissantes assises, sous la forme de quatre énormes piliers réunis deux à deux, transversalement, par un arc doubleau et, à l’extérieur, de gros contreforts de pierre jusqu’à hauteur du faîte ». C'est aujourd'hui la tourelle en encorbellement de la façade et construite après l'incendie en 1672 qui renferme le carillon
Base du premier clocher.
L’église sous sa forme actuelle résulte d’une suite d’extensions et d’aménagements au cours des siècles : Comme la tour dite de l’horloge, les murs sont alors construits en carrons, comme les maisons du village.
Maison de Dieu, mais aussi maison des hommes, lieu de prière, lieu de rencontre, lieu de vie …
Lieu dans lequel en effet : Vie, Foi, Travail, sont partagés, relus, priés …
L’église actuelle, voit sa construction remplacer la 1re de 1431 à 1500
allongement de 15 mètres
élargissement de 1m,20
achat de 3 maisons pour y construire le Choeur construction des colonnes et des voutes de la nef et du choeur…
Commencée dès 1272, l’église Saint André s’est agrandie jusqu’au quinzième siècle.
De style gothique flamboyant assez sobre, elle est construite en carrons savoyards (briques).
Une façade triangulaire surmontée d’une tourelle octogonale lui confère une certaine originalité. Elle est percée d’un grand portail, d’accès encadré, d’une arcade en ogive et surmonté d’un vitrail en rosace.
Une tourelle en encorbellement renfermant le carillon de l’horloge date de 1672. Longue de 45 m et large de 13,50 m, l’église ne compte qu’une seule nef bordée de chapelles. Son clocher fût détruit à la révolution.
De nombreux vitraux du dix-neuvième siècle retracent la vie et l’œuvre de Saint Vincent de Paul.
Plusieurs statues de grande valeur artistique ornent l’église : une vierge à l’enfant en bois du dix-septième, des bois peints des seizième et dix-huitième et un Saint Sébastien en noyer, œuvre de Jean Tarrit, sculpteur châtillonnais, daté de 1910.
Un orgue de très belle facture et en constante évolution permet d’accompagner les offices religieux et d’offrir aux amateurs plusieurs concerts par an .
La maison à colombages
Le choix de ce type de construction était commandé par l’absence de pierre à bâtir qu’il fallait se procurer hors de la Dombes et par la présence dans la couverture morainique d’éléments faciles à modeler. L'ossature est constituée de solives de chêne qui garantissent la rigidité de l'ensemble. A l'origine le remplissage ou hourdage était formé par le torchis : contre des branches d'aulne était appliqué le pisé fait de terre franche plus ou moins argileuse . En ville, dès la fin du XVIIIe siècle ce torchis a été remplacé par des briques pour partie récupérées grâce à la démolition des remparts. La possession d’une telle maison « dénotait une certaine aisance et un souci artistique sobre mais incontestable dans le goût de l’époque », un certain niveau d’embourgeoisement. Les étages sont souvent en encorbellement grâce aux poutres ou corbeaux en avancée au-dessus du rez-de-chaussée. Par des ouvertures béantes il était aisé de hisser à l’étage depuis la chaussée diverses marchandises grâce à des potences à poulies. Ce mode de construction présentait néanmoins le grave inconvénient de faciliter la propagation des incendies comme on en fit la douloureuse expérience en 1670
Halles de Châtillon.
La maison du marché a été remplacée en 1440 par des Halles à l’allure de cathédrale : 80 m de long, 20 m de large et 10 de haut. Le bâtiment partagé en trois travées est soutenu par d’énormes piliers de chêne sur lesquels repose la charpente également en chêne.
Détruites en partie en 1670 par un incendie, elles seront reconstruites dans la foulée à l’identique grâce à la réactivité du maire Philibert Collet, et à la générosité de Mlle de Montpensier, Comtesse de Châtillon qui autorisa les habitants à prendre le bois nécessaire dans sa forêt de Tanay.
Cet édifice médiéval, l’église Saint André et les maisons à colombage de la place ainsi que celles de la rue Commerson constituent le cœur de la vieille ville.
Les Halles accueillent, tous les samedis matins le marché aux produits frais, et régulièrement les marchés nocturnes, le marché des potiers, les farfouilles, des concerts …
Les Halles ont abrité les animations du Téléthon 2011, filmées par France Télévision lorsque Châtillon-sur-Chalaronne était ville ambassadrice. A cette occasion, les Compagnons du Devoir ont réalisé une réduction des Halles de 8 mètres sur 2. Exposée sur le site de l’Arboretum, cette magnifique maquette a malheureusement été vandalisée et complètement détruite fin 2016.
Statue du Manneken-Piss
Située près des toilettes publiques vers les Halles, le manneken-piss en bois signifie le lieu de manière humoristique d’une façon plus pudique que son homologue belge.
Porte de Villars
Cette porte, orientée vers la ville de Villars-les-Dombes de laquelle elle tire son nom, faisait initialement partie de l'enceinte fortifiée de Châtillon-sur-Chalaronne.
Elle fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 13 juillet 1926.
Fortifications
Exigées par la maison de Savoie dont dépendait la ville, elles ont été financées par les bourgeois de Châtillon et construites par la communauté à partir de 1273. Les remparts ont été la première préoccupation de la nouvelle ville de Châtillon. L’enceinte mesurait environ 1000 mètres. Elle était construite en briques et bordée de fossés qu’on remplissait d’eau grâce à la Chalaronne et le Relevant en cas de danger. Il y avait trois portes fortifiées (de Bourg, de Villars, de Lyon), ces fortifications ont été une lourde charge pour les châtillonnais, mais assuraient une bonne protection.
Il reste assez peu de traces de ces fortifications qui cernaient la ville d’alors. Subsistent néanmoins encore la tour transformée en Chapelle centrale séparant les salles des malades, hommes et femmes de l’Ancien Hôpital, la tour réhabilitée et occupée actuellement par l’Hôtel de la Tour ainsi que l’amorce des arches qui prolongeaient les murailles au-dessus de la Chalaronne. Cette enceinte était percée de trois portes. Seule demeure la Porte de Villars. Porte fortifiée, surmontée d’une tour, dotée d’un pont levis qu’on n’abaissait qu’en cas de danger, elle est construite entièrement en briques. Elle permet d’imaginer ce qu’était la ville au moyen âge.
Passerelle sur la Chalaronne
Ancien Hôpital
L’hôpital
Aujourd’hui Centre Culturel, cet édifice très ancien est classé Monument Historique en 1980.
En 1372, l’hôpital comptait 12 lits. Rénové en 1432. L’Ancien Hôpital de Châtillon, n’était qu’un simple refuge accueillant surtout les miséreux, qui y trouvaient un asile. La ville s’occupait des bâtiments, le fonctionnement était laissé à la charité publique.
Les bâtiments actuels de l’Ancien Hôpital furent construits en 1732 pour accueillir et soigner les pauvres, les indigents mais également les pèlerins, grâce à la générosité du Comte de Chatelard. En 1939, il fut transformé en maison de retraite, avant de fermer définitivement ses portes en 1979.
L’hôpital était dirigé par les Sœurs de Sainte Marthe, une communauté fondée pour diriger l’Hôtel Dieu de Beaune, en Bourgogne.
L’hôpital s’organisait autour d’une cour d’honneur, au centre de laquelle un jardin des plantes médicinales a été reconstitué. A l’origine, ce jardin dit « des Simples » se trouvait derrière le bâtiment, ainsi que le potager ou encore le lavoir.
Au premier étage du bâtiment sud se trouvait la loge d’un chirurgien-apothicaire, qui enseignait aux Soeurs la préparation et les vertus des plantes médicinales. Un aumônier célébrant les messes vivait également à ce niveau.
Le bâtiment nord se compose du dortoir des Sœurs, au premier étage, et de la cuisine, la salle à manger, l’ouvroir, la tisanerie et l’apothicairerie au rez-de-chaussée. Deux escaliers monumentaux en bois et rampe en fer forgé permettent d’accéder à l’étage aujourd’hui aménagé en centre d’hébergement. L’aile ouest se divise en trois parties : la chapelle au centre et les salles des malades de part et d’autre. En effet, hommes et femmes sont séparés dans l’hôpital et occupent chacun une salle. Les médicaments étaient fabriqués par les sœurs dans la tisanerie et l’apothicairerie, grâce en partie à la culture du jardin des simples. La façade arrière, rénovée, ouverte sur le Relevant abrite un parc paysager qui accueille des manifestations musicales.
Saint Vincent de Paul
C’est en prêtre que Vincent de Paul arrive à Châtillon le 1er août 1617. Il en repartira à la veille de Noël. Ce passage éclair a été pourtant maqué par un événement qui reste inscrit dans l’actualité. Quelles ont été les raisons de sa venue en ce coin perdu de la Dombes ? Né dans un petit village des landes de Gascogne en 1576, ordonné prêtre en 1600, il est venu à Paris où il a rencontré en 1612 Bérulle, le célèbre fondateur de l’ordre des Oratoriens. Celui-ci, frappé par sa forte personnalité, l’a fait nommer curé de Clichy, une modeste paroisse, puis, en 1613, l’a choisi comme précepteur dans la famille princière des Gondi. Mais sa vocation était pour le service des humbles. L’Oratoire de Lyon était en quête d’un prêtre dévoué et désintéressé pour la paroisse de Châtillon. Il lui a proposé ses services jusqu’à ce que les Gondi le rappellent auprès d’eux.
Il loge chez un huguenot, M. Beynier qui se convertira frappé par sa foi profonde et sa douceur. A peine installé, le 23 août, il est appelé au secours d’une famille en détresse. Son émotion est telle qu’à son retour il rédige en 24 pages le règlement de la Confrérie de charité. Le 8 décembre est officiellement fondé la Congrégation qui œuvre encore sous son nom au XXIe siècle.
Sans doute son action devait se déployer dans de nombreux domaines, ce qui a justifié sa canonisation mais les habitants de Châtillon ont été fiers de devenir un peu le centre du monde en accueillant en 2017 quatre cents sœurs venues du monde entier au congrès international organisé pour marquer le quatrième centenaire de leur congrégation[
Statue de Saint Vincent de Paul
Entre l’ancien hôpital et le grenier à sel se dresse la statue de Saint Vincent de Paul qui fut Curé de la paroisse durant seulement cinq mois mais qui réussit à fonder la Confrérie des Dames de la Charité dont le règlement est conservé à Châtillon. Cette statue est due au sculpteur bressan Emilien Cabuchet qui reçut la médaille d’or à l’exposition de 1885. Elle fût inaugurée à Châtillon le 29 septembre 1856. Gasparde Puget, l’une des premières Dames de la Charité, était l’ancêtre d’Emilien Capuchet.
Siège du grenier à sel.
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